Falvy, village en ruine

          La Grande Guerre a provoqué en France la destruction partielle ou totale d’environ 3000 églises, dont les clochers, observatoires privilégiés des champs d’opération, furent les cibles des tirs d’artillerie.

          A la fin de la guerre, environ 700 églises sont détruites en Picardie, dont 276 dans le seul département de la Somme. Les troupes allemandes dynamitent souvent les clochers des édifices religieux, afin qu’ils ne servent pas de cible. En outre, de nombreuses églises disparaissent dans l’offensive franco-britannique sur la Somme de juillet 1916

Le village de Falvy en ruine





« A Falvy, nous rapporte un témoin, je n'ai pas trouvé d 'église. » Le village est détruit. De tous les instruments de culture, il ne reste que deux herses et une charrue.

Source : La Somme sous l'occupation Allemande

         



          Plus que tout autre édifice, l’église incarne l’âme de la communauté. Elle ne représente pas uniquement un fort symbole spirituel mais constitue également un signe visuel emblématique. D’une architecture soignée, voire élaborée, et repérable de loin grâce à son clocher élancé, elle donne du caractère aux communes, surtout dans un pays plat comme la Somme où elle dessine la silhouette des villages sur la ligne de l’horizon. L’image de l’église dévastée devient le symbole du martyre des villages français et des horreurs de la guerre en général. Conscients de la force émotionnelle dégagée par ces édifices, les Allemands en détruisent un bon nombre pendant leur repli de 1917, dans le but d’affaiblir la cohésion morale des Français.

Abri 'Nissen' à droite de l'église

          Avant que l’église ne soit reconstruite, on la remplace souvent par un édifice provisoire. En 1922, la Somme compte 245 baraques-chapelles. Ce sont des bâtiments temporaires à peine plus spacieux que ceux prévus pour abriter la population ; on a d’ailleurs recours souvent aux mêmes ‘tubes Nissen’, en tôle ondulée, affublés de petits clochers en planches. En Picardie, ces église provisoires perdureront jusqu’au début des années 1930.


          Les modèles 'Nissen' aux appelations diverses :

           - 'Métro' à Chaulnes

           - 'Tonneau' à Péronne

           - 'Demi-lune' à Ham


          Ces 'tubes', comme on les dénomme aussi en raison de leur forme, de 8.08 mètres de long sur 4.73 de large, divisés en deux pièces par une cloison de sept centimètres d'épaisseur, accueillent jusqu'à 7 personnes. Ces logements provisoires à l'origine semblent se pérenniser : à la fin de 1922, 91 % de la population sinistrée de la Somme y habite toujours. Glaciales en hiver, brûlantes en été, ces "tôles habitats" sont plus qu'inconfortables. Des habitants se lèvent les nuits pour faire du feu pour empêcher que leurs enfants ne périssent dans leurs lits sous la morsure de la gelée.

Source : La Reconstruction dans l'Est de la Somme

Commentaires (1)

BRASSART PASCAL
  • 1. BRASSART PASCAL | 07/03/2017
Madame, Monsieur,
Etant potentiellement amené à oeuvrer à la restauration de l'église Sainte-Benoite, je serais intéressé par disposer des photographies anciennes que vous détenez, comme il est proposé dans votre beau site.
Vous remerciant par avance de l'attention que vous porterez à ma demande,
Bien à vous,
Pascal Brassart

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